Retour en force des complexes touristiques sur le marché portugais

Sujet: Marché Immobilier au Portugal | Publié le: 20/06/2018

La construction de complexes touristiques rebondit et la demande augmente. Ce produit touristique et immobilier est plébiscité par les Anglais, mais 40 nationalités figurent parmi les acquéreurs.

Le marché immobilier portugais a connu des instants de « gloire » de 2000 à 2007 grâce à la construction de grands complexes touristiques et immobiliers, appelés resorts pour la plupart, dont certains classés Projets d’intérêt national (PIN). Nombreux sont ceux à avoir été construits et à s’être affirmés, d’autres ont été emportés par la crise et certains n’ont même pas vu le jour.

En 2014, le marché connait un regain de dynamisme et les complexes touristiques reprennent leur place grâce à la croissance du tourisme. Certains projets restés dans les tiroirs font leur retour et l’on dénombre pas moins de 50 projets résidentiels au potentiel touristique en cours de construction en Algarve. Les logements intégrés à ces complexes devraient valoriser 7,1% cette année, révèle la banque de données Confidencial Imobiliário. Ces chiffres sont le résultat du « Resorts Market Sentiment Survey », une enquête menée dans le cadre du SIR – Tourisme résidentiel, système statistique développé par Confidencial Imobiliário en partenariat avec l’Association portugaise des complexes touristiques (APR) et avec le soutien du Tourisme du Portugal.

Ni même la demande croissante en immobilier urbain, principalement dans la ville de Lisbonne, ne nuit à l’intérêt et à l’investissement étranger dans les complexes touristiques. Pedro Fontainhas, directeur exécutif de l’APR révèle que tous les complexes touristiques offrent un produit distinct par rapport à celui des centres-villes. « L’investisseur en complexes touristiques est en quête de qualité de vie, dans un environnement sain et sûr, aux services complémentaires différenciés, et de valorisation de son investissement, que ce soit par l’exploitation touristique de son bien immobilier ou par la valorisation de ce dernier en cas de revente future. Cependant, la plupart des complexes touristiques parvient à offrir le meilleur de deux mondes, à proximité de tout centre urbain et avec d’excellents accès », souligne-t-il.

Eduardo Abreu, associé de Neoturis, société de conseil stratégique et d’affaires vouée au suivi du tourisme, au divertissement et aux loisirs, explique également que certains complexes touristiques sortent, en effet, des tiroirs où ils demeuraient depuis quelques années. Toutefois, il admet qu’il existe apparemment une tendance pour des surfaces de produit immobilier légèrement plus petites que celles prévues dans les plans précédents. Ce dirigeant de Neoturis précise que les principales différences à l’égard de l’avant-crise résident dans le besoin d’un chantier sur le terrain, voire même d’un produit quasi-fini avant d’entamer la mise en vente. À l’heure actuelle, les projets font l’objet de présentations explicites, avec leur irréversibilité à moyen et long termes, ce qui est uniquement possible avec des promoteurs réputés et des financeurs solides et sûrs.

« La présentation de la stratégie d’exploitation touristique des résidences – avec des partenaires de gestion crédibles et des revenus assurés raisonnables et étayés par des plans d’affaire – et des pans hôteliers traditionnels est aussi essentielle », explique-t-il.

Pedro Fontainhas ajoute que la demande de ce produit est en hausse : « 2017 a été une année positive et les prévisions 2018 pointent vers une poursuite de la croissance de la demande ». Les principaux marchés émetteurs demeurent le Royaume-Uni, le Benelux/la Scandinavie et la France. Mais 40 autres nationalités d’acquéreurs des cinq continents investissent dans les complexes touristiques portugais. Eduardo Abreu cite également l’intérêt croissant des Allemands ainsi que les marchés forts en acheteurs dans les régions de Lisbonne ou de Porto, qui peuvent évoluer vers des secondes acquisitions au Portugal, comme par exemple le Brésil.

En effet, selon l’étude « un deuxième peloton qui représente près de 25% du marché se compose d’acquéreurs venus d’Allemagne, d’Irlande, de Chine, du Moyen-Orient et d’Amérique du Nord. Ce bloc a gagné des parts de 2016 à 2017, en particulier grâce à une plus grande demande des investisseurs du Moyen-Orient. D’autres nationalités, plus discrètes en 2016, sont de plus en plus représentées, telles que les Brésiliens et les Italiens ».

Des prix oscillant entre 3 500 et 5 000 euros/m2

Quant aux prix pratiqués dans ce segment de marché, Eduardo Abreu affirme qu’ils varient naturellement beaucoup d’un complexe à l’autre, « de l’ordre de 2 500 à 3 000 euros/m2 à près de 8 000 à 10 000 euros/m2 au sommet du marché. Néanmoins, nous pouvons estimer que plus de 50% des ventes se situent dans la fourchette de 3 500 à 5 000 euros/m».

En effet, l’Algarve a enregistré un glissement trimestriel de 2,6% au 3e trimestre 2017. Par ailleurs, les prix connaissent une évolution positive depuis le 2e trimestre 2015 et se situent au-delà du palier d’avant-crise.

Pour comprendre ce regain de croissance du marché, il suffit de se pencher sur certains des projets récemment annoncés.

L’Ombria Resort, le nouveau complexe immobilier de luxe situé dans la municipalité de Loulé, en Algarve, dont la promotion est à la charge de la société d’investissement finlandaise Pontos, représente un investissement de 100 millions d’euros pour la seule première phase. Ce projet prévoit un hôtel 5 étoiles, le Viceroy at Ombria Resort, doté de 76 chambres et suites de luxe, les Viceroy Residences at Ombria Resort, ainsi que les Alcedo Villas et l’Oriole Village.

La pose de la première pierre du complexe ‘La Réserve’, qui marque le démarrage des travaux du Resort Natural & SPA, à Comporta – Carvalhal, a eu lieu le 17 mai dernier. Le groupe LX-Immo est chargé de le promouvoir. ‘La Réserve’, dont l’inauguration est prévue à l’été 2020, va s’étendre sur 10 hectares d’espace préservé près des dunes et comporte trois différents types de bien immobilier : un hôtel appartement, les maisons de pêcheurs et les villas.

Situé dans la municipalité d’Óbidos, le West Cliffs a fait son retour l’année dernière après un temps passé dans les tiroirs. Ce complexe touristique 5 étoiles qui occupe une surface de 230 hectares compte un terrain de golf et un Club House déjà bâtis, auxquels viendront s’ajouter deux hôtels cinq étoiles, l’Hôtel da Falésia (130 chambres) et l’Hôtel do Pinhal (60 chambres) ainsi que le pan immobilier signé de l’architecte Sua Kay.

Le mois d’avril a également vu être annoncé la mise en vente du premier projet du Vilamoura World en 2018. Le Central, un lotissement privé de 80 maisons dont les prix débutent à 630 000 euros, verra ses premières unités être commercialisées début 2020. Faisant également partie du Vilamoura World, l’Uptown, dont la construction a été annoncée en mai dernier, prévoit que ses maisons seront prêtes à habiter à compter de 2020 et que les prix débuteront à 294 400 euros.

Autre projet immobilier/touristique en cours de développement, le Muda Reserve verra le jour au sein du village de Muda, dans l’Alentejo, à l’initiative du groupe Vanguard Properties pour un investissement de 200 millions d’euros.

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